L’exposition scrute la beauté comme un système d’oppression, mais aussi comme une force créative.
« La beauté est une force relationnelle, porteuse d’émancipation, mais elle comporte aussi un côté obscur qui évalue la silhouette, la jeunesse et l’hypersexualisation du corps, majoritairement féminin, mais pas uniquement », explique Christel Tsilibaris, commissaire de l’exposition.
En deux sections, déconstruction et récupération, l’exposition relie les canons antiques à l’obsession contemporaine du visage filtré, montrant comment la photographie fabrique autant qu’elle libère nos images. Avec cinquante-cinq artistes, de Cindy Sherman à Zanele Muholi, elle répond à l’urgence : reprendre possession du regard.
Le pouvoir de l’objectif
La première section plonge dans la genèse, depuis l’Antiquité jusqu’aux années 1960-1970, époque où les mouvements féministes ont interrogé les standards de beauté gravées dans le marbre grec, comme une sentence perpétuelle. Les normes occidentales héritées de la Grèce antique sont perpétuées par des décennies de propagande douce : magazines, publicités, cinéma hollywoodien, et maintenant les algorithmes qui prospèrent sur notre insécurité.
Derrière les idéaux de beauté se cache aujourd’hui toute une industrie. Tsilibaris, le précise, lucide : « L’industrie qui prône de nombreuses pratiques esthétiques plus ou moins invasives est un moteur majeur de l’économie mondiale. L’exposition montrera comment, par le pouvoir de la publicité, cette industrie répète et renforce les stéréotypes de beauté liés aux questions de genre, classe et d’origine ethnique ».
Dans l’exposition, la photographie occupe une place centrale pour penser et questionner la beauté. Le médium peut-il vraiment échapper à sa propre logique d’esthétisation, ou ne fait-il que la reconduire, inlassablement ? Tsilibaris choisit de nuancer ce supposé paradoxe en affirmant : « Je ne pense pas que ce soit nécessaire pour la photo de se retourner contre elle-même pour pouvoir avoir un regard critique sur la beauté physique. L’esthétisation est très subjective, je crois... c’est lié à comment l’artiste construit la photo, ce qu’il veut dire, les modes artistiques du moment, et comment la perçoit chaque personne qui la regarde. » Tsilibaris recentre ainsi la question sur l’intention curatoriale et le dialogue entre œuvre, artiste et public.
Ainsi, Picture Perfect à Bozar franchit un pas important : elle rend la critique urgente. Car le contexte a changé. Qui aurait pu imaginer, il y a cinq ans, que les chirurgies esthétiques exploseraient après la Covid ? Les réunions Zoom permanentes nous ont tous·tes confrontés à nos propres visages déflatés, pâles, jugés. Picture Perfect dit que la beauté n’est pas un sujet à archiver.
Le texte de presentation de Bozar est un peu long mais vraiment interessant.
Cette exposition explore un autre aspect de la beauté/ laideur de façon contemporaineet avec d'autres médias
Gratuit avec le PASSMUSEUM













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